Delphine Jalabert

Sculpteur

 

Mon travail traite de la relation d’intimité entre le corps et l’objet.

Une grande part de notre mémoire se loge en effet dans les lieux et les objets :

« la maison natale est physiquement inscrite en nous »…, « c’est une géométrie d’échos »…(1)

Les objets créent un lien entre le passé et le présent.

On dépose des empreintes et on s’inscrit physiquement par la rêverie dans des lieux et des objets. L’espace d’un objet ne dépend plus alors seulement de son volume mais de la manière dont il est investi.

Mon travail tente de retranscrire ce moment ou la rêverie prend corps et se retrouve là où elle s’est logée au travers de l’objet.

« Un meuble ou un objet particulièrement apprécié peut devenir une demeure où le rêve est sans cesse modifié »…(2)

C’est un monde miniature où le corps mime la volute et l’étagère fière de sa facture se rendra plus ou moins docile en fonction de l’humeur de son maître.

 

Le bronze

J’ai commencé ma formation de sculpteur dans une fonderie d’art. Il m’est apparu donc évident de travailler ce matériau.

C’est un matériau noble porteur d’histoire et qui résiste au temps. C’est un accumulateur d’empreintes, il permet la ciselure dans l’espace avec beaucoup plus de finesse que la terre par exemple.

C’est aussi un réflecteur de lumière, une fois poli, il ne nécessite à mon avis que de peu d’artifices pour rendre au volume toute sa force. C’est un matériau lourd et puissant.

 

 

Le papier

Parce que c’est aussi un matériau noble porteur d’histoire et qui résiste au temps s’il est traité avec soin (les papyrus en sont un bon exemple). C’est un accumulateur d’empreintes qui permet lui aussi la ciselure dans l’espace avec beaucoup de finesse.

C’est un matériau qui se prête facilement au jeu de la couleur, aux collages, à la couture…

Après l’apprentissage du bronze c’est un second défi dans lequel je me suis lancée et qui ne cesse de déployer son infinité de possibles. C’est un matériau léger mais fort de ce qu’il évoque en puissance


(1) (2) : Gaston Bachelard, La poétique de l’espace (ed. puf)