Delphine JalabertSculpteur
La relation d'intimité entre le corps et l'objet est la structure autour de laquelle mon travail s'organise. Nous mettons en scène notre espace de vie, il nous ressemble, il nous protège on s'y reconnaît entre membre d'un même groupe. Les objets et les lieux sont des espaces de mémoire. Je me souviens de vacances avec mes cousins, où nous jouions au bord d'un lac. Il y a deux ans j'y suis retournée, il ne s'agissait en fait plus que d'une marre. Ma vision de l'espace, du danger, a complètement évolué. Dernièrement, j'ai récupéré la couverture d'une de mes grands-mères, elle porte encore son odeur. Remettre mon nez dans cette laine, c'était me retrouver à ses côtés. Cette couverture me raconte dans mon enfance.
Les espaces, les vêtements nous enveloppent, ils contiennent notre empreinte. Nos vêtements sont architecture du corps et nos mobiliers sont sur mesure. Nos espaces de vie, nos objets, nos vêtements sont des parures, des protections, des secondes peaux.
Je cherche aussi par mon travail de sculpture à représenter à quel point notre corps est marqué, tatoué par ces lieux.
Issue d'une formation en fonderie d'art, qui a durée cinq ans, le matériau bronze a formé et guidé mon écriture. Après avoir changé d'atelier j'ai travaillé le papier, ce qui m'a permis de garder certaines propriétés du bronze à savoir: la finesse dans la construction et le travail d'empreintes. J'ai pu par ailleurs réaliser de plus grands volumes, aborder la couleur et directement inclure de nouveaux matériaux. Le papier m'est apparu comme visuellement plus doux et m'a fait me questionner sur la notion de préciosité et de valeur de l'objet. Le bronze symbolise la force, la puissance, l'objet de valeur ; le papier symbolise l'écriture mais aussi la fragilité, il demande plus d'attention bien qu'il soit pérenne. Aujourd'hui, je travaille le grillage, le tissu, les perles... Le matériau n'est plus une base de construction mais le départ d'une création.
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